Association à but humanitaire/développement en Afrique
Pour situer un peu le contexte, pas toujours évident, dans lequel nous devons évoluer, voici un exemple.
L’équipe a coupé des bois qu’ils appellent sticks (à l’anglaise) pour compléter la paillote.
Une trentaine de ces sticks avant été regroupés.
Le lendemain d’une forte pluie, plus de sticks. Cela faisait la 2ème fois.
Evidemment rien n’est fait pour retrouver les voleurs et les sticks.
Une notabilité me dit que ce n’est pas la première fois, des sticks ont toujours été volés mais on ne sait pas qui déplace ces objets.
J’ai noté le mot « déplace » au lieu de « voler ».
Donc c’est un fait acquis, ici on ne vole pas, on déplace. Comme dans un village tout le monde sait qui fait quoi, j’en ai déduit que ce n’était pas la peine de faire des recherches car beaucoup savaient qui étaient les coupables, mais ça semblait sans importance.
Nous ne parlons donc pas de la dose d’hypocrisie qui règne dans ce village où on joue sur les mots pour éviter de froisser des voisins, amis ou famille. Mon langage direct dérange beaucoup, sans que cela m’empêche de dormir ; par contre les rats et les puces qui cohabitent avec moi, eux m’empêchent de dormir normalement !
On peut constater qu’aucune éducation n’est donnée dans les familles, sur le plan moral.
Des enfants, non programmés, débarquent dans la famille, on les élève, au même titre que les chèvres et les poules, mais on ne les éduque pas, car les parents eux-mêmes n’ont reçu aucune éducation.
La limite entre le bien et le mal est très floue dans leur entendement, malgré les principes moraux qui doivent normalement être dispensés par les religions.
L’éducation civique et sociale de l’école donnée par un enseignant sortant du même moule que ses élèves, ne peut combler les lacunes parentales.
Beaucoup, beaucoup reste à faire pour redresser cette situation, d’où la nécessité de renforcer l’éducation de base dans les petites classes.
Dans le même ordre d’idée, on m’a souvent reproché de siffler le soir, la nuit, quand le soleil est couché ; j’ai demandé pour quelle raison devrais-je cesser ?
Chez nous c’est tabou.
Je réponds que siffler la nuit attire les esprits et donc c’est uniquement les sorciers qui sifflent la nuit, c’est ça ?
Oui !
Alors expliquez-moi ce paradoxe, j’entends souvent des gens chanter « tu es avec moi Seigneur, je n’ai peur de rien…. » Vous chantez car vous aimez chanter, mais le sens des paroles semble vous échapper.
Alors je ne chante pas, mais je siffle et je n’ai pas peur des féticheurs ni des esprits.
Il y a quelques jours, la population a brulé une maison, en disant que c’est lui qui a dernièrement empoisonné le pasteur et la femme de ce même pasteur un mois avant.
La police est intervenue, a tiré « des coups de balles » en l’air et grosse débandade dans le village.
J’ai mentionné qu’une vraie justice se base sur des faits tangibles, comme une autopsie du corps qui confirmera qu’il y a eu empoisonnement et quel genre de poison.
On m’a dit que j’étais un fonctionnaire de l’état pour parler comme ça, ici la population en colère s’exprime. J’ai simplement dit que j’espère pour eux qu’ils ne sont pas trompés de personne.
Impossible, ce type est connu comme un grand féticheur !
Ah effectivement alors…..je n’arrêterais pas de siffler pour autant !